Marseille

Cette année, le Père Noël a troqué mes chaussures glissées sous le sapin en bottes de sept lieues avec pour destination Marseille et l’achèvement de son année de Capitale européenne de la culture. Ce sont donc quatre jours qui m’ont été offerts à visiter la deuxième ville de France.

Panorama marseillais

Panorama marseillais (Consigne sanitaire, Vieux-Port, basilique Notre-Dame-de-la-Garde).



Pour répondre à sa nomination (et aux subventions subséquemment accordées par l’Union Européenne) de Capitale européenne de la culture 2013, Marseille et la région des Bouches-du-Rhône, à laquelle la ville s’est associée sous le nom de Marseille-Provence 2013, proposaient une large et diversifiée offre culturelle pendant toute l’année 2013.

Premier jour/soir. Les festivités nocturnes proposées pour le passage à la nouvelle année étaient grandioses : spectacle son et lumières puis feu d’artifice. Le premier s’est passé sur les eaux du Vieux-Port, avec lasers et canons à eaux sans doute prêtés par la maréchaussée municipale ou empruntés à Versailles, et a duré une vingtaine de minutes. Aussitôt terminé, les trois premiers tirs du feu d’artifice annoncent la couleur : M, P, 2013. Pendant quarante minutes, quelques milliers de fusées ont été tirés du Vieux-Port, du Fort Saint-Jean, du Fort Saint-Nicolas et de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde et ont illuminés la dernière nuit 2013 de Marseille.

Deuxième jour, le 1er janvier 2014. La ville semble déserte, sauf sur le Vieux-Port où toute la population semble soit émerger de la nuit soit s’être donné rendez-vous. Une grande partie de ces gens se dirige vers le Fort Saint-Jean et le MuCEM (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée). Et c’est en effet le cas : l’année culturelle perdure pour les touristes et la population locale.

Le MuCEM est une belle réussite. L’entrée par la passerelle jetée entre l’église Saint-Laurent et le Fort Saint-Jean intrigue, inquiète et donne un certain cachet à l’entrée du complexe muséal. En effet, le Fort Saint-Jean fait dorénavant partie du MuCEM avec plusieurs espaces muséaux (tour du Roi René pour l’histoire du lieu, bâtiment Georges-Henri Rivière pour les expositions temporaires, etc.). Quant au fameux édifice réalisé par l’architecte Rudy Ricciotti, il est tout simplement splendide : le béton anthracite est beau et chaleureux, la résille (dans le même matériau !) est une réelle prouesse technique. Une coursive en pente douce ceint l’édifice derrière la résille et entre le corps central du bâtiment et les locaux du personnel. Deux expositions temporaires habitent le musée, à savoir Le Noir et le Bleu. Un rêve méditerranéen (de juin 2013 à janvier 2014) et Au bazar du genre (de juin 2013 à janvier 2014). La première est superficielle, sans grand intérêt. Par contre, la seconde s’intéresse intelligemment à la question du genre sur un espace somme toute restreint et avec une muséographie dense.

Troisième jour. Les musées municipaux rouvrent au public le 2 janvier. Au programme Musée d’histoire de Marseille, Cathédrale Sainte—Marie-Majeure (dite la Major), le quartier du Panier et le Centre de la Vieille Charité. C’est sans grand entrain, et malgré les recommandations de l’office du tourisme, que nous nous rendons au Musée d’histoire de Marseille. Si c’est pour faire un musée rempli de tessons de céramiques trouvés par l’INRAP… D’ailleurs, quand on arrive devant le Centre-Bourse, nous ne sommes pas déçus : un trou ponctué de verdure et de ruines antiques ceint par une coulée de béton armé vétuste et honteuse. Le musée, cependant, est immédiatement repérable : Marseille-Provence 2013 a été visiblement l’occasion de lui offrir un sacré lifting, de devenir la perle étincelante dans cette coquille d’huître.

Le Centre-Bourse et le Musée d'histoire de Marseille

Le Centre-Bourse et le Musée d’histoire de Marseille

Finalement, nous le faisons et bien nous en a pris. Certes, il s’agit bien d’un musée rempli d’amphores cassées, de sculptures illisibles, de pièces de monnaie et autres fibules, de tombes millénaires. Mais la médiation culturelle est bien pensée et donc efficace. Bien que long (trois niveaux), le musée est instructif et plaisant.

La visite de la Cathédrale Sainte-Marie-Majeure se fait en quelques minutes : l’église est incontournable mais sans intérêt particulier. Son architecture fait aussitôt penser à la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre. Juste à côté de la cathédrale se trouve le quartier du Panier, qui a inspiré Plus Belle La Vie. Le Centre de la Vieille Charité se situe quelques mètres plus loin. L’ancien hospice a été reconverti en musée municipal avec le Musée archéologique de Marseille et le Musée d’Arts africains, océaniens, amérindiens (MAAOA). Ce dernier possède d’étranges collections, comme celle d’art populaire mexicain. D’ailleurs, parmi les collections océaniennes, on a la surprise de tomber nez à nez avec une des têtes réduites de l’exposition Cheveux chéris : frivolités et trophées du Musée du Quai Branly mais également avec les oeuvres intitulées Crâne d’un mec dont les dents rayaient le parquet et Crâne d’une professeur de latin de Polynésie. Enfin, la chapelle, au centre de la cour, et le rez-de-chaussée accueillent quant à eux des expositions temporaires d’art contemporain.

Le Centre de la Vieille Charité

Le Centre de la Vieille Charité

Quatrième jour. Au programme : le Palais Longchamp, le musée Cantini, la Cité Radieuse et la Basilique Notre-Dame-de-la-Garde. Le Palais Longchamp rassemble dans ses deux ailes séparées par une imposante fontaine sculptée le Musée des beaux-arts et le Muséum d’histoire naturelle. Le premier était fermé pour rénovation et la visite du second a été décevante. Sur deux niveaux, six salles dont deux grandes. Une centaines d’animaux naturalisés dans des espaces d’exposition vétustes. Seule l’une des petites salles a été à la hauteur d’un muséum, à savoir celle remplie de vitrines anciennes. Fort heureusement, le Muséum faisait l’objet, semble-t-il (à moins que ce ne soit le parcours permanent des collections…), de deux expositions temporaires d’art contemporain (alala, cette mode d’introduire l’art contemporain partout !) avec Picasso taxidermiste et la Carte blanche Andy Warhol.

Le Palais Longchamp

Le Palais Longchamp accueille le Musée des beaux-arts et le Muséum d’histoire naturelle de Marseille.

Après le petit musée Cantini, direction la Cité Radieuse du Corbusier. Une vulgaire barre HLM grisâtre, vétuste, sale dans un jardin triste et délabré. L’ensemble ne ressemble qu’à une barre d’immeuble lambda, que l’on trouverait dans n’importe quelle autre banlieue de grande ville. Les murs s’effritent, le lino se décolle, l’eau s’infiltre partout. L’architecture intérieure alterne entre dalles de galets cimentés et de planches de balsa. Le toit-terrasse, qui pourrait être l’occasion d’un point de vue remarquable, est ceint d’un mur de deux mètres de haut, cachant l’horizon et le panorama. Cette visite est la plus décevante de l’ensemble des monuments et musées de Marseille.

Le quatier nord

Sauras-tu retrouver la Cité Radieuse parmi ses amis HLM ? Attention, il y a un piège : la photographie a été prise depuis la Cité Radieuse.

Fuyant ce monceau de béton en déshérence, nous décidons de terminer notre périple touristique par la Basilique Notre-Dame-de-la-Garde. L’architecture religieuse (relativement) ancienne ne déçoit jamais. Partis de la place Castellane, nous avons décidé de grimper le piton rocheux sur lequel a été construite l’église à pieds. La montée est raide, longue et épuisante mais elle en vaut et le coup et le coût. Nous y parvenons alors que le soleil s’apprête à se coucher. L’édifice est superbe et le panorama sur la ville de Marseille tout simplement splendide.

L’ensemble des photographies prises pendant ce week-end touristique est disponible sur Flickr dans l’album suivant Marseille, FR.

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